
esclave consentante
La question de la norme n'en est pas une. Certes, il est dit que chacun doit faire des concessions pour permettre à tous de vivre en paix socialement les uns avec les autres. C’est une lapalissade : il est toujours bon d’y réfléchir….
Chacun est à même de reconnaitre, la maturité venant après l'adolescence, que parmi les manteaux que l'éducation sous toutes ses formes (média de masse, école et famille) a posé sur nos épaules, certains ne nous conviennent plus. C’est bien à nous de nous en débarrasser, une fois que nous avons constaté que nous n'en avions plus besoin. Personne ne le fera à notre place. Enfin, personne, cela dépend, mais nous en parlerons plus tard.
Se débarrasser des fardeaux et bagages de l’éducation est le début de la grande aventure de la conscience, de la découverte de soi, de la vie et de ses choix…
C’est une évidence : dans notre parcours nous avons eu besoin de ces vêtements, quand vient le temps de la majorité, de la liberté d’action, vient le temps de s’en débarrasser, de s’interroger sur ce qui nous appartiens en propre, sur ce que nous avons envie de découvrir de la vie et du monde loin des à priori, des idées toutes faites qui ne nous appartiennent pas…
Le temps vient de se demander qui dis Je en soi en en fonction de quoi, ce temps est celui de l’expérience.

Certains et certaines ressentent l'appel du service, du don de soi, de la liberté de l'esclavage. Ce n'est ni un défaut, ni un dysfonctionnement social de l'être. Il n'y a pas plus de raison de croire au bonheur de la compétition qu'au bonheur de la servitude consentie. Seul ce que l'on ressent en soi compte pour soi. Chacun est à même de savoir ce qui est bon pour lui ou pour elle. Et puis sincèrement il n’y a pas que l’esclavage consenti, les religions, ces sectes qui ont réussi, offrent, comme l’armée, comme certaines professions médicales ou sociales la possibilité du don de soi au fil de la vie...
Cependant, et pour en avoir parler avec des esclaves matures, il est certain que l’esclavage consensuel bdsm est une activité, un engagement qui travaille à la réduction voire la disparition de l’ego. Ce fameux petit moi qui cherche toujours à s’affirmer pour échapper à l’instant présent simplement et pleinement vécu, ce petit moi qui juge sans arrêt, celui pour qui il est nécessaire que les choses de la vie soient difficiles pour avoir de la valeur par exemple, cette voix intérieure qui dévalorise et qui rend tout difficile et hasardeux.
Il n’y a pas de fatalité et la richesse de l’humain réside dans son aptitude à choisir, à vivre ce par quoi il se sent appelé....

Ainsi l'esclavage consenti est un choix que la personne fait en toute connaissance de cause. Le noviciat qui est la première période de l'apprentissage, du dressage de l'esclave, est bien la période où le choix se confirme ou pas. C'est un choix intime qui se voit confirmé par le collier d'esclave, quel que soit sa forme, plus ou moins affirmée, porté en permanence une fois le choix réalisé.
Trouver et affirmer sa vie dans le service et le bonheur de son Maitre et propriétaire est la première source de la paix de l'esclave.
Il reste à chacun, Maitre comme esclave, de découvrir au fil du temps les moyens de vivre en paix comme le Maitre l'entend. Il n'y a pas d'esclave parfaite comme il n'y a pas de Maitre parfait. Il n'y a qu'un accord permanent qui s'affirme dans la paix de la servitude consentie et entretenue dans la satisfaction des besoins du Maitre qui sont ceux de l'esclave en sécurité, heureuse d’elle même sans attentes (même si quelquefois au début les esclaves peuvent attendre le retour de leur Maitre).
