Dresser l’esprit de l’esclave avec son corps et dresser le corps de l’esclave avec son esprit. Voilà les deux faces du noviciat comme de l’entretien de l’esclave mature.

A chaque Maitre d’organiser, en fonction de ses souhaits, de son plaisir et de sa vision les temps réservés au corps comme à l’esprit… La vision du Maitre est le guide de la relation. La vision est cette aptitude particulière de percevoir l’avenir dans le présent. Mettre en perspective la nature de l’esclave accomplie au travers des instants présents est une part essentielle du dressage.

L’esclave, martyrisée ou pas, y trouvera la justesse et la légitimité de sa paix intérieure, les raisons et la joie profonde de son appartenance à son Maitre.

Un Maitre n’est pas celui qui possède le plus d’esclave mais bien celui qui forme le plus de Maitres. Un Maitre mature, par son expérience, les qualités de son ou de ses esclaves, est à même de permettre aux jeunes Maitres de progresser dans la paix, la mesure, l’écoute, le respect et le temps. C’est souvent à ces conditions que le Maitre révèle sa maturité.

Les étapes du dressage visent dans les premiers temps à déposséder l’esclave d’elle même afin d’en transférer la propriété au Maitre. Au premier rang de ce qui caractérise la personnalité de l’esclave git son désir. Certes son premier désir, comme tout un chacun, est son désir de vivre. Primordial et infiniment précieux comme pour chacun d’entre nous.

Vient ensuite la kyrielle de désirs plus ou moins conditionnés ou pré-conditionné par la culture, l’éducation et les expériences dont elle a bénéficié. Ces désirs servent généralement à permettre à l’être de satisfaire ses besoins plus ou moins réels selon le degré d’imprégnation de la société de consommation dont le discours normatif ne s’arrête jamais.

Pour une esclave, le dressage confirmera la vacuité de ces désirs en satisfaisant ses besoins et en unifiant son désir de servir et d’obéir à son désir de vivre. L’ensemble des désirs qui permettent l’entretien de l’esclave, santé, beauté, culture, endurance sont reliés à son désir de servir, de vivre en paix dans la vérité de sa nature profonde enfin reconnue et cultivée.
La sempiternelle question francophone de la différence entre une soumise et une esclave ne sera jamais tranchée (par qui et pourquoi ?) et c’est tant mieux. Une esclave n’est pas une soumise. Une soumise se soumet par gout au dominant de son choix avec plus ou moins de sincérité ou d’esprit de jeu.

Le dominant dans ce cas intervient peu sur sa personnalité. Il laisse l’ego de la soumise diriger sa vie pour elle même, il accepte de faire avec. L’esclave pour sa part fait l’objet d’un dressage dont l’objectif principal est de la libérer de sa capacité d’initiative personnelle, de la faire renaitre à elle même telle qu’elle est : esclave faite pour servir et obéir.

En utilisant des méthodes d’amélioration psychologiques et corporelles le Maitre permet à son esclave de faire grandir son désir de vivre en désir de servir. Ceci est une œuvre de longue haleine, de six mois à deux ans selon le profil de l’esclave et les circonstances.


Le désir de servir de l’esclave s’exprimera tel que le Maitre en décidera. Après son noviciat, ou durant des périodes de dressage intense l’esclave pourra se montrer comme éteinte. Selon le choix du Maitre le dressage orientera vers le mode d’expression de l’esclave qu’il souhaite.

Certains Maitre apprécient de disposer d’une esclave peu présente à elle même, sans aucune conversation avec juste le minimum d’initiative pour l’entretien du corps. D’autres préfèrent une esclave plus présente dans la matière, apte à développer des talents spécifiques pour le Maitre.

Il n’y a pas d’autres rêgles que celles imposées par la vision du Maitre tout en sachant que cette vision évolue au fil de la vie comme toute chose. Il ne faut pas oublier que le dressage appliqué à la novice la marquera pour longtemps.

C’est bien cette période du noviciat qui va influencer le plus le comportement de l’esclave durant les premières années de sa maturité. Les évolutions suivantes seront plus lentes que les résultats du dressage originel.
Certains Maitres défendent la dépersonnalisation intense et profonde durant le noviciat puis une éducation au service qui s’étend au fil du temps de la maturité, c’est à dire après la pose du collier. D’autres apprécient une esclave enjouée qui peut participer aux petites décisions du quotidien en proposant ses idées au Maitre….

En tout état de cause il sera utile au Maitre de déterminer un talent à développer chez l’esclave quelque soit le mode de dressage retenu. Qu’une esclave étudie l’anatomie pour une saine pratique du massage, qu’elle chante, cuisine ou tricote, il est bon d’ancrer une partie d’elle même dans la réalité d’une pratique créative régulière, d’acquisition de connaissance et ou de production pour son Maitre.

Certaines esclaves poupées fortement dépersonnalisées excellent à l’accomplissement de tâches répétitives tel que le ménage ou la mécanique de précision. Deux heures de pratique par jour sont généralement suffisantes sauf si en certaines occasions le Maitre souhaite exténuer l’esclave afin de l’utiliser en poupée de chiffon s’Il l’apprécie ainsi.

Au delà des bénéfices directement productifs, l’activité régulière de l’esclave lui permet de bâtir les repères dont elle a besoin dans le temps. En effet l’emploi du temps quotidien de l’esclave se compose généralement des services sexuels et domestiques, de temps d’étude et ou de méditation entravée et de temps de dressage (novice ou entretien de l’esclave mature) et de temps réservé à l’activité créative ou professionnelle si elle travaille.

Il y a dans le dressage des esclaves cette partie essentielle qui est consacrée à l'humiliation. Les bienfaits en sont remarquables et permettent, avec du doigté et de la finesse, assez rapidement de gouter au plaisir de posséder une esclave dépersonnalisée (même si cela n’est que ponctuel), libre d'elle même et correctement dévouée corps et âme. Le chemin peut être difficile, la susceptibilité d’une esclave est un solide témoin des résistances à dépasser, à transformer.


L'exhibition, le partage, la mise à disposition de l'esclave font partie des choses qui peuvent contribuer à l'humilier durablement. C’est à l’image de soi que l’on touche avec l’humiliation. Il s’opère ainsi au fil du temps et avec le savoir faire du Maitre, un déplacement de l’estime de soi de l’esclave envers elle même vers l’estime que lui porte son Maître.

C’est bien avec l’humiliation, entre autres méthodes, qui signe la destruction de l’ancienne et inutile image d’elle même, que l’esclave intègre profondément l’image que son Maitre a d’elle comme la seule et unique image juste de qui elle est et de ce qu’elle est.

D’où l’extrême importance, en tant que Maitre, d’estimer son esclave pour ses qualités propres : sa joie de vivre, son intelligence, sa beauté, ses talents. Loin des mots, il s’agit bien de ne manquer aucune occasion de la féliciter et de la récompenser.

C’est au Maître d’offrir à l’esclave son estime d’elle même entièrement dévouée et ce même et surtout dans l’humiliation. C’est bien ainsi que le Maître se révèle le véritable propriétaire de l’esclave qui ne s’appartient plus.


Il est à noter que les séances d’humiliation peuvent se révèler délicate pour le Maître qui peut constater en lui même au mieux de la lassitude, au pire du mépris pour son esclave. Ceci est valable dans beaucoup de circonstances même lors de séances ponctuelles.

Il faut une bonne dose de sincérité personnelle pour le reconnaître en soi et pour l’éviter. c’est un des dangers majeurs de l’humiliation dans le dressage. La chose à faire est assez simple : en témoigner en cessant l’humiliation afin de la mettre en perspective, rappeler à l’esclave dans quel but elle est humiliée, la rassurer sur ses progrès quitte à énumérer ses qualités de services.


Témoigner de l’estime que l’on porte en tant que Maitre à son esclave dans une telle position de dépendance émotionnelle est absolument primordial.

Si le Maitre n’est pas capable de cela, il est très important de ne pas toucher au dressage humiliant.


Chaque chose se faisant à son rythme propre. Si cela menace les qualités de bien être de l’esclave de manière durable, il est important de rebrousser chemin et d’en témoigner.

Certes il faut du courage au Maitre pour le reconnaitre et le formuler, mais Il n’en manque pas et si Il se fait un peu violence intérieurement pour ne pas céder à la facilité de la lâcheté (cesser le dressage humiliant sans explications) Il grandira en tant que Maitre.

L’humilité du Maitre fait partie de sa force.